Alliance catholique canadienne de la santé
L'ACCS Nouvelles Orientations stratégiques Ressources Recherche Nous joindre Accueil



Orientations stratégiques

      Imprimer cette page



Formation au leadership

Forming Health Care Leaders: A Guide

Foundations in Leadership Program

Autres resources

Mission et valeurs

Congrès 2010 de l'ACCS

Congrès antérieurs : ressources

Normes et lignes directrices

Documents sur la mission

Évaluation de l'intégration des valeurs

Interventions publiques

Introduction

Programme d'interventions publiques

Enjeux

Communiqués

Ressources

Coalitions

AIDER À BIEN MOURIR

Mémoire de l' Association catholique canadienne de la santé au comité sénatorial sur l'euthanasie et l'aide au suicide

Résumé
Préambule
Définitions
Position de l'ACCS
Exposé
Conclusion
Recommandations
Renvois

Résumé

Organisation nationale chrétienne formée de personnes qui s'inspirent, pour leur engagement dans le secteur de la santé, du ministère de guérison de Jésus-Christ, l'Association catholique canadienne de la santé tient à se déclarer opposée à tout projet de légalisation de même qu'à la pratique de l'euthanasie et de l'aide au suicide, lesquelles portent atteinte à la dignité de la personne humaine en rejetant toute valeur potentielle au temps qui précède la mort et en niant la dimension communautaire de l'individu. Nous sommes d'avis que l'euthanasie et l'aide au suicide sont des pratiques qui vont à l'encontre d'une philosophie holistique des soins de sante, qu'elles ne peuvent pas être règlementées sous prétexte d'éviter les abus et qu'elles sont contraires è la réputation que s'est acquise le Canada comme protecteur de la dignité de la personne et des droits humains. À titre de partie prenante du secteur de la santé, l'ACCS prône une vision qui constitue une solution de rechange à ces recours destinés à faire mourir: aider les personnes à faire une bonne mort.

Devant un patient à l'agonie, il n'existe jamais un moment où « il n'y a plus rien à faire ». Si nous prêtons vraiment attention à ses besoins, nous nous rendrons compte qu'il pourrait par exemple fortement désirer assister à un lever de soleil, écouter une de ses pièces musicales préférées, avoir un ami à ses côtés. La compassion dans ce cas suppose que l'on réponde à ces besoins, que l'on apporte réconfort et amitié et que l'on aide la personne à se sentir pleinement épanouie dans son corps comme dans son esprit, et à profiter de ses liens avec une communauté compatissante. Telles sont les composantes d'une bonne mort, d'une mort dans la dignité, et voilà ce que nous tentons de faire auprès des mourants.

L'Association catholique canadienne de la santé invite tous les Canadiens à s'opposer à l'aide à la mort comme solution aux difficultés que nous posent les membres souffrants et mourants de notre société, et d'adopter plutôt des politiques et des pratiques qui favorisent l'aide au mourant. En répondant aux besoins des personnes mourantes autour d'eux, les Canadiens peuvent transformer les soins de santé. Quant a notre pays, en s'engageant en faveur de l'aide au mourant, il présentera au monde un autre modèle à suivre pour le secteur de la santé.

À cette fin, l'Association catholique canadienne de la santé exhorte le Sénat :

  1. À s'opposer à la légalisation et à la pratique de l'euthanasie et de l'aide au suicide;
  2. À recommander que les soins palliatifs deviennent partie intégrante de l'ensemble des services que prévoit le système de santé au Canada;
  3. À recommander que les soins prolongés, qu'ils soient assurés au sein de la collectivité ou dans un établissement, soient revalorisés et considérés comme prioritaires et ayant une importance vitale pour le bien-être non seulement des patients intéressés, mais de l'ensemble de la société;
  4. À recommander qu'un projet de recherche soit mis sur pied en vue de connaître de façon détaillée les besoins des personnes à l'article de la mort, de leurs famillles et de tous ceux qui les soignent, et que les résultats de cette étude soient utilisés pour la formulation de politiques et l'établissement de pratiques pour le soin des personnes parvenues au terme de leur vie..

Préambule

L'Association catholique canadienne de la santé est une organisation nationale chrétienne dont les membres oeuvrent dans le secteur de la santé dans l'esprit et selon la tradition de l'Église catholique. Notre mission est de rendre témoignage au ministère de guérison et à la présence toujours vivante de Jésus. Nous nous préoccupons de la santé sous tous ses aspects: physique, émotionnel, spirituel et social. Étant donné qu'à nos yeux, la santé est une condition au plein épanouissement humain, nous encourageons toutes les activités qui visent à promouvoir le bien-être et à prévenir et soigner la maladie. Nous nous engageons à travailler avec une ouverture d'esprit et à collaborer de près, dans les deux langues officielles, avec toutes les personnes de notre société. Notre association comprend huit associations provinciales/régionales, 38 membres propriétaires d'établissements de santé, 146 hôpitaux et foyers, 125 groupes associés dont des ordres religieux, des diocèses et des guildes de médecins, ainsi que 351 membres individuels.

Notre tradition nous engage à faire évoluer les soins de santé. L'accessibilité universelle aux soins de santé dont jouissent actuellement les Canadiens a pris racine dans l'oeuvre de pionnier qu'ont accomplie des femmes religieuses qui ont bâti leurs hôpitaux à partir d'un mandat très net: accueillir toutes les personnes qui frapperaient à leurs portes. Prenons un autre exemple. Tous reconnaissent actuellement au Canada l'importance de l'éthique dans le secteur de la santé. Or, ce sont les hôpitaux catholiques qui ont été les premiers a creer des comites d'ethique et a engager a plein temps les services d'un éthicien clinique. Nous entendons maintenir cette tradition et continuer à transformer les soins de santé et, à cette fin, nous travaillons avec des groupes qui partagent notre vision holistique et humaine des soins de santé: groupements et associations de professionnels de la santé, Églises, organismes gouvernementaux et groupes communautaires.

En imitant Jésus dans son ministère de guérison, nous attachons une attention particulière aux besoins des membres les plus marginalisés de notre communauté humaine, c' est-à-dire les malades en phase terminale et les mourants, et nous nous en faisons les porte-parole. À l'heure actuelle, en effet, les personnes qui s'approchent de la mort présentent des défis particuliers à la société. Nos concitoyens vivent plus âgés que par le passé, devenant sujets à de plus en plus de maladies dégénératives. Souvent privés de la présence de leurs plus proches, ils risquent de mourir seuls ou parmi des étrangers. Nos études des tendances sociales actuelles nous amènent à croire que les besoins des mourants — soutien, chaleur humaine et soins inconditionnels — ne feront qu'augmenter. Les pratiques et les politiques concemant la fin de la vie que les Canadiens adopteront maintenant auront d'énormes conséquences dans l'avenir.

Nous tenons à remercier le Sénat du Canada de mener ces audiences et nous remercions les membres de ce Comité de nous donner l'occasion d'exprimer nos vues sur les questions de l'euthanasie et de l'aide au suicide.

Définitions

Nous sommes d'avis que la mort fait inévitablement et naturellement partie de la vie et qu'elle ne doit pas être élevée au-dessus de la vie elle-même comme un avènement souhaité pour lui-meme. Ainsi, bien que, pour diverses raisons, l'on puisse permettre à un patient de mourir, cela ne doit jamais être le résultat souhaité ou voulu d'un acte ou d'un traitement. Dans ce contexte, nous considérons que l'EUTHANASIE correspond à un geste délibérément posé par un tiers en vue de mettre fin à la vie d'un patient, la mort de ce demier étant le résultat recherché des mesures prises pour lui. La mort est également le résultat visé par l'AIDE AU SUICIDE, c'est-à-dire lorsqu'un patient pose un geste concrêt dans le but de mettre fin à sa propre vie en ayant délibérément recours à des moyens qui sont assurés par une autre personne.

Nous considérons qu'il y a une nette distinction à faire entre l'euthanasie et l'aide au suicide par opposition à d'autres formes de soins, qui sont prodigués à la fin de la vie d'un patient et qui permettent à la mort de se produire. Prenons comme exemple l'ABSTENTION DE TRAITEMENT , en réponse à la décision du patient de refuser ou d'arrêter un traitement qui pourrait être considéré comme extraordinaire, disproportionné ou même futile; ou encore, l'ADMINISTRATION D'ANTALGIQUES, c'est-à-dire de drogues analgesiques, même si elles comportent le risque non voulu d'abréger la vie du patient. En aucun de ces cas, la mort du patient ne doit être recherchée, ni comme fin, ni comme résultat.

Position de I' ACCS

Étant donné la conception que se font ses membres concernant

l'Association catholique canadienne de la santé s'oppose à tout projet de légalisation et à la pratique de l'euthanasie et de l'aide au suicide. Au contraire, les membres de l'Association demandent aux Canadiens d'orienter leurs efforts en vue de s'assurer que tous les patients s'approchant de la mort reçoivent des soins adéquats et qu'ils optent pour cette perspective dans la transformation du secteur de la santé.

Exposé

En tant qu'association catholique engagée dans le secteur de la santé, nous nous inspirons de deux sources importantes : la grande expertise importante de nos membres dans le secteur de la santé, et le sens de la vie que nous donne notre foi en la présence de Jésus dans ce monde.

  1. La valeur de la mort et de la préparation à la mort

    Avec une multitude d'autres Canadiens, nous croyons que chaque personne a le droit de mourir dans la dignité. Or, nous nous trouvons en profond désaccord avec ceux qui défendent la thèse de la mort assistée étant donné les grandes différences de conception de l'humain et de la mort. En effet, bon nombre de ceux qui sont en faveur de l'euthanasie et de l'aide au suicide envisagent la mort comme un but à atteindre, et l'agonie, ou même toute la période qui précède la mort, comme un fardeau pour les patients, leurs familles et les professionnels de la santé. Ils présentent leur poursuite agressive de la mort comme un acte humanitaire qu'ils justifient par des motifs d'utilité et d'efficacité. Ils oublient ainsi le caractère transcendant de la mort, l'importance que peut avoir le temps qui la précède du point de vue de la transformation et de la guérison qu'il rend possibles pour les patients et ceux qui les entourent.

    L'expérience nous a montré que le temps de l'agonie offre en effet des occasions toutes spéciales aux personnes qui gardent leur esprit ouvert. En acceptant d'être soutenus et soignés durant cette période difficile, les patients peuvent être amenés à croire en l'amour de ceux qui s'occupent d'eux, et à compter sur cet amour. Lorsque cela se produit, ils atteignent à un degré d'intimité qu'ils n'auraient peut-être jamais pu imaginer auparavant et, dans cet état de dépendance et d'intimité, ils peuvent mieux comprendre ce qu'est la véritable liberté. Pour un grand nombre, le temps qui précède la mort peut favoriser la réconciliation et permettre de resserrer les liens avec leurs proches, de mettre leurs affaires en ordre et de faire leurs adieux.

    Pour les patients et ceux qui les veillent, le temps qui précède la mort permet de réfléchir et de comprendre plus en profondeur le sens de leur existence humaine. Lorsque les patients envisagent la mort avec confiance et dans l'espérance en même temps que ceux qui les soignent, la mort prend un nouveau sens et la peur diminue. Les patients et ceux qui les entourent ont alors l'occasion d'accepter plus pleinement leur condition humaine et, par cette acceptation, de trouver la paix. Comme travailleurs de la santé, nous avons toujours poursuivi ce même objectif, celui de voir nos patients, leurs familIes et le personnel faire l'expérience d'une bonne mort. Et notre expérience dans le secteur de la santé témoigne de la possibilité d'atteindre cet idéal.

    Nous sommes d'avis que l'euthanasie et l'aide au suicide sont fondés, non pas sur l'acceptation de la condition humaine et de ses potentialités, mais sur le besoin de contrôler et de régler le cours de la vie et de la mort. Dans les cas d'euthanasie et d'aide au suicide, les fins prennent préséance sur les moyens; ce qui importe, c'est d'obtenir la mort rapidement et efficacement. L'euthanasie et l'aide au suicide mettent fin aux progrès de la mort et, de cette façon, fragmentent encore davantage l'existence humaine. Ces pratiques aident peut-être les patients à atteindre rapidement et sans douleur la fin de leurs jours, mais sans jamais savoir ce que c'est que de s'abandonner, d'accepter, de faire confiance et de trouver la liberté et la paix dans ces dispositions d'esprit inhabituelles. Couper court au temps de l'agonie, ou l'éviter, c'est se priver de toutes les potentialités qu'elle peut nous offrir.


  2. Les buts des soins de santé

    Au coeur des soins de santé, il y a le désir de la guérison. Notre but consiste donc globalement à aider les patients brisés dans leur corps ou leur esprit à se refaire, à trouver un sens à leur vie et à s'épanouir. Comme prestateurs de soins, nous contribuons à ce processus en assurant, bien sûr, tous les traitements médicaux et les soins infirmiers souhaitables, mais ce sont les patients eux-mêmes qui décident du genre de soins dont ils ont besoins. Les gens qui sentent la mort venir nous montrent d'une façon toute particulière à être attentifs à leurs besoins et à jauger la valeur de nos efforts. lIs nous font voir que dans les cas ou la guérison n'est pas possible, ils continuent à avoir besoin de nos soins, à compter sur nous pour les soulager de leurs douleurs et de leurs souffrances et, quand la chose est impossible, pour les aider à les endurer, à trouver un sens à leur état et à leur mort, et à les accepter de façon inconditionnelle. De façon concrête, cela signifie que nous devons personnaliser nos soins afin de contribuer au bien-être physique, émotionnel et spirituel de chaque patient, en acceptant par exemple que les visiteurs aient priorité sur la routine hospitalière, en s'assurant que quelqu'un soit là pour veiller le patient, et en accordant toute leur valeur à ces diverses formes de soutien. L'objectif des soins de santé, dans ce cas, est d'assurer la compassion dont le patient a besoin, c'est-à-dire de souffrir et de cheminer avec lui en toute solidarité. Nous croyons que cette façon d'agir est tout à fait conforme aux buts des soins de santé qui consistent à aider le patient à se rétablir tout en préservant sa dignité et son intégrité face à la maladie et à la mort.

    Lorsque cet objectif est atteint, la guérison est mutuelle. Le patient et le prestateur de soins deviennent des partenaires; avec la famille, les voisins, le personnel de soutien et les bénévoles, ce partenariat forme une communauté soignante. Dans un tel climat de soutien mutuel et de partage des tâches, la guérison prend une nouvelle dimension; elle aide non seulement le patient, mais tous ceux qui en prennent soin. Même ceux qui ne font qu'assister à cet échange ne demeurent pas insensibles. Ainsi, la guérison n'est pas un phénomène qui se limite à l'espace d'un lit d'hôpital. Les prestateurs de soins, les familIes et tout l'entourage emportent ces moments de grâce dans le monde. Voilà comment nous croyons que les soins de santé, spécialement ceux qui sont destinés aux mourants, contribuent au bien-être non seulement des patients, mais de ceux qui s'emploient à les soigner, aux familIes et à l'ensemble de la société.

    Nous sommes d'avis que l'euthanasie et l'aide au suicide privent les patients, les prestateurs de soins, les familIes et l'ensemble de la collectivité des chances de guérison que peut susciter la pratique de soins de santé attentifs. Au lieu de cela, la mort assistée ne répond qu'à la detresse du patient et part de l'hypothèse que l'avenir ne donnera lieu qu'à une continuation ou à une augmentation de la souffrance. Dans ce contexte, l'idée de la guérison est déformée et suppose simplement qu'il faut cesser la souffrance en mettant un terme à la vie du patient. À notre avis, l'euthanasie ou l'aide au suicide ne constituent pas des interventions thérapeutiques; elles vont à l'encontre de notre conception d'une saine pratique des soins de santé.

  3. Le sens de la dignité individuelle dans un contexte communautaire

    1. Le don de la communauté

      Nous sommes des individus vivant au sein d'une collectivité. Comme le disait Victor Frankl : « Le caractère unique de la personne humaine trouve tout son sens dans le rôle qu'il joue au sein d'un ensemble intégral. Ainsi, le sens de la personne humaine comme personnalité dépasse-t-il ses propres limites pour s'ouvrir à la communauté; orientée vers la communauté, la personne humaine transcende son individualité »1.

      Comme membres de la communauté humaine, nous sommes liés les uns aux autres. En acceptant cette appartenance, il nous devient possible de recevoir les dons qu'elle nous offre. Elisabeth Kübler-Ross nous décrit ce qu'elle a vécu, étant enfant, au chevet d'un voisin mourant. « Gisant sur son lit, il avait mis toutes ses affaires en ordre. Puis, il avait demandé à ses amis de le visiter encore une fois, afin de lui dire au revoir. Même si je n'étais qu'une enfant, il ne m'avait pas exclue, non plus que mes frères et soeurs. Il nous était permis de prendre part aux préparatifs de la famille et aussi de nous affliger ensemble jusqu'à ce qu'il meure.2 » Loin de juger cette situation morbide, Kübler-Ross croit que le fait de permettre aux enfants de participer à ces evenements « leur donne le sentiment de ne pas être abandonnés dans leur deuil et leur apporte le réconfort du partage de la douleur autant que des responsabilités »3.

      Lors de sa visite, même si elle était petite fille, Kübler-Ross apportait quelque chose à l'homme mourant et à sa famille — le don de son bon voisinage et de sa jeunesse — qui pouvait être un réconfort, une sorte de témoignage à la continuité de la vie. De son côté, elle recevait le don de l'hôspitalité, le sentiment d'être la bienvenue au sein de la petite communauté qui entourait l'homme mourant. Il lui était permis de témoigner de sa présence et de se trouver parmi les voisins dans cet événement de la vie. Cet incident tout simple illustre la richesse dont nous pouvons jouir comme individus au sein d'une communauté.

      À l'heure actuelle, une bonne partie des soins de santé s'inspire, en principe, du respect de l'autonomie du patient. Bien qu'il s'agisse d'une réaction heureuse au paternalisme excessif qui marquait naguère les relations entre les professionnels de la santé et les patients, il s'agit néanmoins d'une éthique de l'individu qui ne tient pas compte de la dimension communautaire des personnes. De fait, c'est dans un tel contexte que se pratique l'euthanasie et l'aide au suicide; ces recours sont fréquemment décrits comme le résultat d'un choix personnel ou de l'autonomie du patient, mais ils vont bien au-delà des droits que nous avons sur notre propre corps. La mort assistée se pose comme un rejet de la dimension communautaire des individus, une attitude qui, à notre avis, est aussi irréaliste que mensongère.

    2. La mort assistée et la communauté de guérison

      Il n'y a rien de personnel ou de privé dans l'euthanasie ou l'aide au suicide. De par leur nature même, ce sont des actions destinées à mettre fin à la vie et qui exigent la participation d'un tiers, souvent un professionnel de la santé. Pour un grand nombre de prestateurs de soins de santé, la pratique de l'euthanasie et de l'aide au suicide pose un dilemme profond. Elle est contraire à leur formation et aux normes courantes de la pratique médicale et elle va à l'encontre des codes d'éthique qui insistent sur la préservation de la vie et sur le mandat de ne faire aucun mal. En outre, même s'ils décident de ne pas donner dans ces pratiques, les professionnels de la santé peuvent être amenés, par leur seule existence, à mettre en doute le sens et la valeur mêmes de leur profession.

      Cette confusion pourrait nuire aux relations souvent fragiles qui existent entre les professionnels de la santé et le patient. Si la mort assistée était devenue une forme de traitement, les patients se trouveraient en présence de praticiens de la santé qui prennent part à des mises à mort. Ils pourraient se mettre à craindre d'exprimer honnêtement leurs besoins, de peur d'être perçus comme des candidats à la mort assistée. Les relations entre les professionnels et les patients qui devraient être « une alliance entre individus qui se distingue et se caractérise par des qualités personnelles tels que la fidélité, la révérence, le respect, la bonne foi et la confiance mutuelle4 » seraient au contraire dominées par la méfiance et l'aliénation. La chance de guérison que comporte la relation elle-même serait perdue, ce qui constituerait un appauvrissement pour le patient aussi bien que pour le professionnel de la santé.

    3. La mort assistée et les membres vulnérables de la communauté

      Nous craignons pour les membres vulnérables de notre société. Bien que les défenseurs de l'euthanasie et de l'aide au suicide insistent pour que de tels actes ne soient posés qu'avec le consentement librement donné du patient, nous ne croyons pas que même un règlement rigoureux pourrait empêcher que certains patients ne soient entraînés à penser, particulièrement s'ils ne se sentent pas estimés dans leur milieu, qu'ils leur vaudraient mieux mourir. Dans un système de soins de santé qui subit les effets d'importantes compressions budgétaires, tel pourrait bien être le message que bon nombre de patients des services de soins chroniques et prolongés recevraient.

      En outre, nous ne voyons pas comment de telles pratiques ne nous engageraient pas sur une pente glissante. Si l'euthanasie et l'aide au suicide doivent être des recours que peuvent obtenir ceux qui sont capables d'en faire la demande, il faudrait que ce soit parce que de telles procédures ont une valeur en elles-mêmes. Si tel est le cas, comment pourrait-on les refuser à ceux qui sont incapables d'en faire la demande? Pour s'assurer que la mort assistée soit universellement accessible, est-ce que nous permettrions aux patients de faire leur demande au moyen de directives préalables, sous forme soit de testament biologique ou grâce à des décideurs par procuration? Et qu'en serait-il des personnes qui sont incapables de demander de l'aide pour mourir, qui n'ont pas laissé de directives préalables et qui souffrent gravement, ou encore qui ont une qualité de vie qui en a amené d'autres, dans des circonstances similaires, à demander qu'on mette fin a leur vie? Dans un contexte d'acceptation de la mort assistée, il y a un bien petit pas à faire pour passer de l'euthanasie active volontaire exécutée à la demande directe du patient, à l'euthanasie active volontaire exécutée suite à une demande exprimée au moyen d'une directive préalable, puis à l'euthanasie active non volontaire.

    4. La mort assistée et l'ensemble de la collectivité

      Il nous paraît important de reconnaître les effets de l'euthanasie sur la communauté entourant le patient; sur les membres de la famille d'abord qui pourraient ne pas comprendre pourquoi une personne rechercherait intentionnellement la mort et abrégerait ainsi le temps à passer avec les siens; sur les travailleurs de la santé, ensuite, qui pourraient être portés à se demander s'ils ne sont pas en partie responsables ou s'ils n'auraient pas pu faire davantage; et enfin sur l'ensemble de la communauté qui pleurerait la perte d'un de ses membres, qui est mort parce que la vie ne valait plus la peine d'être vécue. Mais il faut penser aussi aux personnes qui meurent de cette façon. Bien que dans le cas de l'euthanasie et de l'aide au suicide, le patient doive obtenir le concours d'un tiers et qu'on tente de justifier ces actes par des motifs d'autonomie et de droits de l'individu, il n'en demeure pas moins qu'il s'agit d'actions posées par des personnes isolées. En outre, parce qu'ils sont posés par des personnes qui n'entretiennent aucun espoir ou qui n'accordent aucune valeur à leur vie, l'euthanasie et l'aide au suicide sont des gestes de désespoir, même s'ils sont décrits comme le résultat d'un choix rationnel. En privant ces individus des bienfaits que leur offre leur communauté locale et en les abandonnant à leurs propres ressources en des moments de crise, l'euthanasie et l'aide au suicide ne feront qu'ajouter à la fragmentation et à la détresse déjà si manifestes au sein de notre société. Au lieu d'offrir la mort comme solution à l'angoisse physique et existentielle dont souffrent les patients atteints de maladies dégénératives ou en phase terminale, nous devons d'abord nous efforcer de les remettre en contact avec les membres de notre société qui sont prêts à les aider. Nous devons retrouver notre sens du bon voisinage et des relations amicales, et réévaluer l'interdépendance et l'indépendance comme des atouts d'une importance égale. C'est de cette façon que les personnes qui attendent la mort et la communauté qui les entoure peuvent commencer à sentir les effets d'une vraie guerison.

  4. La pratique de l'euthanasie et de l'aide au suicide

    La question de la mort assistée n'est pas que théorique; l'euthanasie aussi bien que l'aide au suicide sont en effet tolérés aux Pays- Bas. Il nous paraît important d'examiner la situation dans cette région pour mieux juger de ces actes qui ont pour but de mettre concrètement fin à la vie.

    Selon les résultats de la Commission Remmelink, mise sur pied par le gouvemement hollandais en vue de recueillir de l'information sur les pratiques courantes en matiere de décisions médicales touchant la fin de la vie, l'euthanasie compte chaque année pour 1,8 % de toutes les morts aux Pays-Bas, soit 2300 morts annuellement, et l'aide au suicide est la cause de 0,3% du taux annuel, soit 400 morts par anneé5. Par définition, l'euthanasie et l'aide au suicide sont des actes destinés à mettre fin à la vie, posés à la demande explicite du patient. La Commission Remmelink a également constaté que, chaque année, des médecins mettent fin à la vie de leurs patients sans que ceux-ci le leur aient demandé explicitement et que ces actes d'euthanasie non volontaires comptent pour 0,8 %, ou 1 000 morts chaque anneé6.

    Depuis 1973, ou la première cause de ce genre a été portée devant les tribunaux, la pratique de l'euthanasie est tolérée dans ce pays, sans pour autant avoir été décriminalisée. Après avoir examiné les conclusions de la Commission Remmelink, le gouvemement hollandais a amendé sa législation sur l'inhumation afin d'obliger les personnes concernées à faire une déclaration pour toutes les morts entraînées par l'euthanasie et l'aide au suicide. Cette mesure a été considérée, même si le code pénal est demeuré inchangé, comme donnant une plus grande légitimité a ces pratiques7. Il faut noter aussi que l'amendement à la législation sur l'inhumation fait aussi référence aux actes destinés à mettre fin à la vie, mais posés sans que le patient en ait fait explicitement la demande; ces actes doivent etre rapportés de la même manière que l'euthanasie et l'aide au suicide. Bien que de nombreux commentateurs soutiennent que la tolérance exercée à l'égard de l'euthanasie et de l'aide au suicide ne conduit pas nécessairement à une tolérance de l'euthanasie non volontaire8, nous nous demandons si la procédure de déclaration qui a été établie ne va pas au-delà d'une simple reconnaissance de la pratique de l'euthanasie non volontaire et ne revient pas à une approbation tacite.

    Il faut dire en outre qu'il y a beaucoup de gens qui croient que les chiffres soumis par la Commission Remmelink sur la mort par euthanasie sont bien conservateurs. Si on ajoute à ces chiffres le nombre de fois que des drogues destinées à calmer la douleur ont été administrées avec l'intention de hâter la mort, le total des morts par euthanasie atteint les 8 1009. Pour ce qui est de l'euthanasie non volontaire, si on inclut le nombre de fois que les médecins ont décidé de ne pas administrer ou de retirer un traitement sans que le patient l'ait demandé, les chiffres passent de 1 000 cas à 4 200 ou même à 8 00010. Manifestement, il existe une certaine confusion concemant l'étendue de la pratique de la mort assistée aux Pays-Bas. Comme le disait un commentateur, « la seule chose dont on soit certain, c'est que l'euthanasie est pratiquée aux Pays-Bas à une échelle beaucoup plus importante que ce que les chiffres (fidèlement rapportés et enregistrés) laissent supposer11. » Dans un contexte aussi confus, les membres vulnérables de la société craignent de voir l'euthanasie volontaire laisser place à l'euthanasie non volontaire et peut-être même involontaire, et de voir ainsi, contre leur volonté, hâter le moment de leur mort12. Ne faut-il pas conclure tout au moins de cette situation que nous sommes bien loin, dans la pratique, d'un modèle d'autonomie du patient et qu'il s'agit plutôt là d'un retour à l'ancien patemalisme; en effet, « comme l'a fait remarquer la Commission Remmelink, dans le plus grand nombre des cas où l'on met fin à la vie, c'est le médecin qui décide que le temps est venu de le faire»13.

    À notre avis, le Canada doit tirer une leçon de la situation aux Pays-Bas et reconnaître qu'il est très difficile de prévenir les abus dans la pratique de la mort assistée. S'assurer que les patients en ont fait la demande sans aucune forme de coercition, que les médecins ont procédé à toutes les consultations nécessaires dans chaque cas, que le temps voulu se soit écoulé entre la demande du patient et l'acte concret, voilà autant de facteurs qui ont defié la réglementation14. Nous sommes également d'avis que les données recueillies par la Commission Remmelink montrent combien la ligne de démarcation est tenue entre l'euthanasie volontaire active et l'euthanasie non volontaire, et combien il est difficile aussi de protéger les membres vulnérables de notre société contre ceux qui seraient prêts à prendre et faire executer des décisions au sujet de la qualité de leur vie. Même s'il était possible de relever le défi en nous donnant tous les moyens bureaucratiques nécessaires pour réglementer et surveiller la pratique de I'euthanasie et de l'aide au suicide, nous croyons que les ressources limitées dont nous disposons seraient mieux dépensées en aidant plutôt les personnes à bien mourir. Nous considérons que. de cette façon, nous avons plus de chances de réussir que les Pays-Bas.

  5. L'importance du rôle humanitaire que joue le Canada à l'écheIle internationale

    Actuellement, le Canada jouit d'une excellente réputation comme nation engagée dans la protection des droits humains. La Loi sur les droits de la personne et la Charte des droits et libertés font preuve d'un respect profond et d'une grande sensibilité à I'égard de la dignité de la personne humaine. Mais en même temps, notre pays est engagé au plan interne dans des luttes à finir pour des questions de justice, concernant surtout le bafouement de certains droits des aborigènes, diverses manifestations de racisme et de violence, ainsi que l'insuffisance des moyens mis en place pour répondre aux besoins de personnes souffrant de diverses formes d'incapacité. Toutefois, la sensibilité que manifestent les Canadiens à l'égard de ces problèmes et l'ardeur dont ils font preuve dans la défense des droits humains en font une nation inréressée à la préservation de la vie.

    Ce rôle de chef de file que joue le Canada à l'échelle planétaire, il doit aussi l'exercer dans la cause du soin des mourants. D'après notre expérience, des demandes d'aide en vue d'accélérer la mort sont habituellement un cri du coeur suscité par la peur — la peur de mourir en mal aimé, d'être abandonné, de souffrir et de mourir seul. Au lieu de répondre à ces appels en aidant la mort, nous croyons que le Canada aurait une contribution unique à apporter en s'engageant dans des programmes spécialement conçus pour aider les mourants. En d'autres termes, le Canada pourrait, par son système de santé, s'assurer que toutes les personnes qui approchent de la mort — des plus jeunes aux plus âgés, de ceux qui sont capables d'exprimer leurs propres besoins jusqu'à ceux qui en ont perdu l'aptitude ou ne I'ont peut-être jarnais eue — reçoivent inconditionnellement tous les soins nécessaires durant leur agonie. Les personnes mourantes seraient dès lors explicitement reconnues comme membres d'une communauté capable de se pencher sur les diverses formes de peur dont ils peuvent souffrir. Si le Canada pouvait instaurer des pratiques efficaces pour le soin des mourants, il serait non seulement reconnu comme un pays qui sait prendre soin de ses mourants, mais il apporterait aussi un grand bienfait à la communauté internationale en lui offrant un modèle de soins de santé qui favorise à tout prix la guérison et la compassion.


Conclusion

L'Association catholique canadienne de la santé ne peut pas insister assez fortement sur son opposition à la légalisation et à la pratique de l'euthanasie et de l'aide au suicide. Au contraire, nous osons espérer que les Canadiens se détoumeront de toute forme de soutien à la mort et opteront plutôt pour des mesures positives favorisant le soutien des mourants, qu'ils feront des efforts concrets pour apporter toute l'attention nécessaire aux patients qui approchent de la mort, en leur montrant toute l'importance qu'ils méritent en tant que personnes humaines, en leur assurant inconditionnellement tous les soins nécessaires et en se montrant prêts à cheminer avec eux jusqu'à la fin. Voilà l'attitude qui doit présider à notre service auprès de tous ceux qui souffrent, comme auprès des malades en phase terminale et auprès des mourants. Inutile de dire qu'à cause de cet engagement en faveur du soin des mourants, nous serons heureux d'utiliser toutes les ressources dont nous disposons pour collaborer avec ceux qui souhaitent transformer de cette manière le systeme de soins de sante du Canada.

 

Recommandations

  1. L'Association catholique canadienne de la santé exhorte le comité sénatorial sur l'euthanasie et l'aide au suicide à s'opposer à la légalisation et à la pratique de l'euthanasie et de l'aide au suicide.

    À titre de prestateurs et de défenseurs des soins de santé au Canada, nous croyons qu'il ne suffit pas de simplement s'opposer à l'euthanasie et à l'aide au suicide. Nous exhortons le Comité sénatorial à prôner l'adoption de mesures positives en vue d'assurer que les patients reçoivent, à l'approche de la mort, des soins adéquats. C'est dans cet esprit que nous proposons ce qui suit :

  2. Les soins palliatifs

    Les praticiens des soins palliatifs, en répondant aux besoins physiques, émotionnels et spirituels des patients qui se préparent à la mort, et en orientant tous les traitements et les soins vers le réconfort des patients pour leurs derniers jours, offrent un modèle exemplaire des soins à assurer aux mourants. Ce modèle comporte également des soins ou services de relève, soit des programmes de collaboration entre l'établissement de santé et la communauté locale en vue d'assurer aux familIes le soutien et les ressources dont elles peuvent avoir besoin quand elles décident de soigner elIes-mêmes un parent mourant. L'Association catholique canadienne de la santé est d'avis que la formule des soins palIiatifs constitue une composante essentielIe du continuum de soins que notre nation doit assurer pour ses membres; nous présentons cette formule comme illustration de notre approche holistique et globale en matière de soins de santé.

    Nous exhortons le comité sénatorial à recommander que les soins palliatifs deviennent partie intégrante de l'ensemble des services que prévoit le système de santé du Canada. De façon concrète, cela signifie que grâce à une législation et des directives en ce sens, ainsi que par une réallocation des ressources et l'adoption de mesures d'incitation financières, le gouvemement encouragerait la création et le maintien de programmes d'hospices et de soins palliatifs de type communautaire, et seconderait également les efforts des établissements de santé en vue d'assurer ce service à leurs patients et résidents, en leur permettant de mettre en place un service de soins palliatifs ou d'avoir accès à des spécialistes de ce genre de soins et d'organisation.

  3. Les soins prolongés

    Les établissements de soins prolongés sont souvent considérés comme des endroits ou les personnes infirmes ou asthéniques attendent la mort, ce qui est loin d'être juste pour les résidents ou pour les personnes qui en prennent soin. Mais il n'en reste pas moins que les graves restrictions budgétaires imposées à ces établissements obligent les prestateurs de soins prolongés à imposer des coupures au niveau du personnel et des services, même dans les cas ou les malades exigent des soins plus poussés. Nous estimons que cette situation rend les membres vulnérables de notre collectivité susceptibles d'être négligés et de recevoir moins que des soins adéquats, d'être injustement étiquetés comme fardeau à la societe et d'être accusés de drainer nos ressources, et enfin d'être perçus comme continuant à mener une vie qui ne vaut pas la peine d'être vécue. Nous croyons que pour assurer son propre bien-etre, la société doit accepter de relever le défi que posent les soins prolongés. Nous devons non seulement favoriser le soin des mourants, mais aider les patients à vivre dans les meilleures conditions possibles, spécialement ceux qui exigent des soins prolongés.

    Nous exhortons le comité sénatorial à recommander que les soins prolongés, qu'ils soient assurés au sein de la collectivité ou dans un établissement, soient revalorisés et considérés comme prioritaires, et comme ayant une importance vitale pour le bien-être non seulement des patients intéressés, mais de l'ensemble de la société. De façon concrète, cela signifie que des directives et des mesures d'incitation soient prévues afin de réévaluer et d'améliorer la qualité des services disponibles pour ceux qui ont besoin de soins prolongés. Cela signifie également que des programmes d'éducation et de sensibilisation du public soient mis sur pied en vue de décrire et de présenter même les personnes les plus apparemment compromises comme des membres valables et à part entière de la société canadienne, et de reconnaître également l'importante contribution qu'apportent ceux qui les soignent au bien-être des patients et de toute la collectivité.

  4. La recherche

    Nous sommes d'avis qu'au lieu de prendre des mesures en vue d'accélerer la mort, les Canadiens devraient viser à entourer toutes les personnes confrontées à la mort des meilleurs soins possibles. À cette fin, nous exhortons le comité sénatorial à recommander qu'un projet de recherche soit mis sur pied en vue de connaître de façon détaillée les besoins des personnes à l'article de la mort, de leurs famillles et de tous ceux qui les soignent, et que les résultats de cette étude soient utilisés pour la formulation de politiques et l'établissement de pratiques pour le soin des personnes parvenues au terme de leur vie. Ainsi, tous les prestateurs de soins de santé au Canada arriveraient-ils à mieux s'assurer que les personnes qui meurent — au sein de la communauté locale ou dans un établissement de santé — fassent une bonne mort, et que les familIes et tous ceux qui les soignent reçoivent un soutien efficace dans le soin qu'ils leur assurent.

Renvois

  1. Viktor E. Frankl, The Doctor and the Soul: From Psychotherapy to Logotherapy, traduit par Richard et Clara Winston, New York, Vintage Books, 1965, p. 70.

  2. Elisabeth Kübler-Ross, On Death and Dying, London, The Macmillan Company, 1969, p. 5.

  3. Ibid., p. 6.

  4. Bernard Haring. Medical Ethics, édité par Gabrielle L. Jean, Slough, Angleterre, St. Paul Publishers, 1972, p. 200.

  5. Johannes J.M. van Delden, Loes Pijnenborg et Paul J. van der Maas, "Dances with Data" dans Bioethics 7, 1993, p. 324.

  6. Loes Pijnenborg, et al., "Life-terminating acts without explicit request of patient" dans Lancet 341, 1993, p. 1197.

  7. Johannes J.M. van Delden, Loes Pijnenborg et Paul J. van der Maas, "The Remmelink Study: Two Years Later" in Hastings Center Report 23, nov.-déc. 1993, p. 25.

  8. Pijnenborg, Lancet (1993); van Delden, dans Bioethics, 1993, p. 327.

  9. Henk A.M.J. ten Have et Jos V.M. Welie, "Euthanasia: Normal Medical Practice?" dans Hastings Center Report 22, mars-avril 1992, p. 35..

  10. Ibid., p. 36.

  11. John Keown, "On Regulating Death" dans Hastings Center Report, 22, mars-avril 1992, p.42.

  12. Richard Fenigsen, "A Case Against Dutch Euthanasia" dans Hastings Center Report, 19, jan.-fév. 1989, Supplément, p. 26.

  13. ten Have, Hastings Center Report, 22, mars-avril 1992, p. 38.

  14. Keown, Hastings Center Report, 22, mars-avril 1992, p. 42.